À Indret, le futur porte-avions “France Libre” prend corps au service de notre souveraineté

Le 18 mars dernier, le Président de la République s’est rendu sur le site Naval Group de Nantes-Indret, au cœur de notre territoire, pour marquer une étape majeure dans le programme du futur porte-avions de nouvelle génération. Cette visite n’avait rien d’anodin. Elle est venue consacrer un choix stratégique de long terme pour notre pays, en donnant une visibilité politique forte à un programme militaire, industriel et technologique qui engagera la France jusqu’à l’horizon 2038.

Le Président a dévoilé le nom du futur porte-avions français : “France Libre”. Ce choix est hautement symbolique. Il renvoie directement à l’héritage de la France libre du général de Gaulle, à celles et ceux qui ont refusé la défaite, choisi la résistance et porté, dans les heures les plus sombres, une certaine idée de la France. Donner ce nom au futur porte-avions, c’est rappeler que la liberté d’un peuple ne se proclame pas seulement : elle se protège, elle se défend, elle se prépare. Dans un monde redevenu plus instable, plus brutal et plus incertain, ce nom dit clairement l’ambition de la France : rester libre, souveraine et capable d’agir.

Le porte-avions de nouvelle génération avec ses 310 mètres de long, ses 80 000 tonnes et sa propulsion nucléaire, il constituera l’un des instruments majeurs de notre souveraineté. Sa vocation sera claire : permettre à la France de disposer, dans la durée, d’une capacité de projection de puissance, de protection de ses intérêts stratégiques, de soutien à ses opérations et d’action sur toutes les mers du globe. Dans un contexte marqué par le retour des conflits de haute intensité, la militarisation croissante des espaces maritimes et les tensions sur les grandes routes commerciales, un tel outil est indispensable pour garantir notre autonomie stratégique.

Mais le PANG n’est pas seulement un bâtiment militaire d’exception. Il est aussi l’expression d’une ambition collective : celle d’une Nation qui croit encore en son industrie, en sa recherche, en ses ingénieurs, en ses ouvriers, en ses armées et en sa capacité à préparer l’avenir. Ce programme mobilise déjà des centaines d’entreprises, de nombreuses PME, des filières d’excellence et des compétences rares sur l’ensemble du territoire. Il représente un investissement considérable que nous avons voté avec la loi de programmation militaire.

Le futur porte-avions ne serait pas possible sans la Marine nationale, qui exprime le besoin opérationnel et prépare dès aujourd’hui les conditions d’emploi de cet outil stratégique. Il ne serait pas possible non plus sans la Direction générale de l’armement, dont le rôle est central. C’est elle qui pilote, structure, sécurise et articule l’ensemble du programme. Sur un programme d’une telle complexité, elle garantit la cohérence d’ensemble et la capacité de l’État à rester maître de ses choix stratégiques et technologiques.

Le PANG est bien plus qu’une coque ou qu’un symbole, c’est un système complet, intégré, connecté, qui devra embarquer des aéronefs de nouvelle génération, des drones, des systèmes de combat évolutifs, des technologies numériques sécurisées et des capacités de projection adaptées aux conflits de demain. Derrière ce programme, il y a donc une chaîne d’excellence publique et industrielle.

Les industriels, précisément, occupent une place décisive dans cette ambition nationale. Naval Group, les Chantiers de l’Atlantique, TechnicAtome et l’ensemble des entreprises mobilisées participent à une œuvre collective qui dépasse largement le seul cadre d’un chantier naval. À Indret, le site de Naval Group joue un rôle stratégique dans la réalisation des chaufferies nucléaires du futur porte-avions. Cela confirme la place essentielle de notre territoire dans l’effort de défense national. Ici, en Loire-Atlantique, nous ne sommes pas à la périphérie de cette ambition : nous en sommes l’un des cœurs industriels.

C’est aussi ce qui donne à cette visite présidentielle une portée particulière en ce qui me concerne. Élue de Loire-Atlantique, attachée à l’industrie, à l’innovation, à la souveraineté économique comme à la souveraineté stratégique. Ce programme est l’expression de l’excellence industrielle de notre territoire, la défense de nos emplois qualifiés, la valorisation de nos savoir-faire territoriaux qui participent de l’exigence d’une France qui conserve les moyens de son indépendance.  Le choix du nom “France Libre” résonne d’autant plus fortement qu’il articule l’histoire, l’ambition national, la liberté politique et la capacité concrète à agir. Il rappelle que la souveraineté n’est jamais abstraite : elle repose sur des femmes et des hommes, sur des territoires, sur des compétences, sur des investissements et sur une volonté.

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