Retour sur la Journée de l’économie mixte locale
La Fédération des élus des entreprises publiques locales (FedEpl) organisait, le jeudi 25 juin 2026, la Journée de l’économie mixte locale aux Jardins de Saint‑Dominique, à Paris. Sous le haut patronage du président du Sénat Gérard Larcher, cet événement a réuni élus, dirigeants de Sem, Spl et SemOp, chercheurs et partenaires autour d’un triple anniversaire : les 100 ans de l’économie mixte locale, les 80 ans de l’économie mixte ultramarine et les 70 ans de la FedEpl. Au fil de cette journée, le modèle de l’économie mixte locale a été célébré comme un levier d’action publique au service des territoires et de leurs habitants.
Une matinée dédiée à l’action politique de la FedEpl
Après l’accueil et l’assemblée générale, la première séquence proposait un état des lieux de l’action politique de la FedEpl et des orientations pour les années à venir. En tant que vice‑présidente de la FedEpl, j’ai eu l’honneur d’intervenir aux côtés de Philippe Laurent, maire de Sceaux et président de la fédération, pour rappeler la singularité du modèle de l’économie mixte : une « troisième voie » qui concilie initiative publique et efficacité opérationnelle. Nous avons souligné combien, depuis un siècle, les entreprises publiques locales offrent aux collectivités un levier pour porter leurs politiques publiques, même dans un contexte de contraintes financières et de besoins d’investissement accrus.
Cette mise en perspective fut l’occasion de rappeler que l’économie mixte locale n’est pas seulement un outil mais une méthode d’action. Comme le soulignait Philippe Laurent, il ne s’agit plus de démontrer l’efficacité de ce modèle mais de lui donner toute sa place dans les choix politiques et institutionnels.
Conférence anniversaire : cent ans d’économie mixte locale
La conférence animée par le professeur Clément Orillard est revenue sur un siècle d’évolution. Le spécialiste a montré comment, née dans les années 1920 pour répondre à des besoins d’investissement et d’action publique, l’économie mixte locale s’est progressivement imposée comme un outil central de la fabrique des territoires. Au fil des grandes phases de décentralisation, elle a élargi ses champs d’intervention : de l’aménagement urbain au logement, des services publics locaux aux transitions contemporaines. Cette rétrospective a rappelé que ce modèle s’est construit pour donner aux élus les moyens d’agir au plus près du terrain.
Table ronde « L’économie mixte locale, une histoire de territoires »
L’après‑midi, j’ai participé à la table ronde consacrée à l’histoire territoriale de l’économie mixte locale. Autour de Frédéric Cuvillier, ancien ministre et maire de Boulogne‑sur‑Mer, et de Jacques Lowinsky, président de la Communauté intercommunale du Nord de La Réunion, nous avons partagé des exemples concrets tirés de nos territoires. Nos échanges ont montré que l’économie mixte locale est née de la nécessité d’agir face à des déficits d’équipements ou de services – notamment outre‑mer – avant de s’inscrire durablement dans l’action publique.
Je suis revenue sur l’expérience de la Loire‑Atlantique, où les entreprises publiques locales constituent un outil souple pour porter des projets d’aménagement, de transition écologique et de développement économique. Frédéric Cuvillier a évoqué les initiatives de la communauté d’agglomération du Boulonnais, qui allient aménagement équilibré des quartiers, centre de culture scientifique et services funéraires, illustrant la diversité des modes d’intervention des Epl. Jacques Lowinsky a, quant à lui, rappelé les besoins spécifiques des territoires ultramarins, où l’économie mixte a permis de combler des retards d’équipement et de créer des services adaptés à l’insularité.
Nos témoignages convergent : en s’appuyant sur des partenariats entre collectivités et acteurs privés, les Sem, Spl et SemOp permettent de mobiliser des compétences et des financements au service de projets structurants. Le modèle de l’économie mixte locale montre ainsi sa capacité à proposer des solutions adaptées, au plus près des réalités locales.