À Gétigné, Bourgeois & Cie fait vivre les savoir-faire de la chaussure orthopédique

Le 9 septembre 2026, nous avons visité l’entreprise Bourgeois & Cie, installée à Gétigné. Héritière d’une histoire étroitement liée à l’industrie de la chaussure du bassin choletais, elle a su diversifier ses activités tout en préservant sa connaissance des matières et ses savoir-faire. Cette rencontre a permis d’aborder des enjeux très concrets pour notre territoire : le développement industriel, la transmission des compétences et la fabrication de dispositifs qui contribuent à l’autonomie des patients.

L’histoire commence en 1947, lorsque Louis Bourgeois devient peaussier et fournit les fabricants de chaussures et de maroquinerie. Depuis, l’entreprise a accompagné les transformations profondes de cette industrie. Face au recul de ses débouchés historiques, elle a développé de nouvelles activités autour du cuir, des composants techniques et de la chaussure orthopédique sur mesure.

Une étape illustre particulièrement cette capacité d’adaptation : en 2016, l’entreprise a repris les machines d’une société qui fermait et recruté deux de ses salariés. Des équipements ont ainsi retrouvé une utilité et des compétences ont pu être conservées et transmises.

Un savoir-faire industriel au service des patients

À travers son activité Confortho, l’entreprise fabrique des chaussures orthopédiques sur mesure. Derrière chaque paire, il y a un travail précis de patronage, de coupe, de piquage, de montage et de finition. Le patronage peut, à lui seul, représenter près d’une heure quarante-cinq de travail.

L’entreprise indique produire environ 25 000 paires par an. Cette activité répond à des besoins individuels : permettre à une personne de se déplacer avec un équipement adapté à sa situation et à sa vie quotidienne.

L’attention portée aux enfants est également un sujet fort. L’entreprise souhaite développer des solutions qui rapprochent l’apparence des chaussures adaptées de celle des modèles portés par leurs camarades. Un enjeu qui touche au confort, mais aussi à la confiance en soi et à l’inclusion.

Pour accompagner son développement, Bourgeois & Cie envisage désormais un agrandissement. La formation assurée en interne contribue, elle aussi, à préparer la suite de cette histoire industrielle.

Préserver nos capacités de fabrication

Nos échanges ont notamment porté sur la concurrence internationale et sur la place de la production française dans un secteur dont les dispositifs bénéficient d’une prise en charge par l’Assurance maladie.

Cette question mérite d’être examinée avec précision, en gardant les besoins des patients au premier plan. Comment mieux prendre en compte la qualité du produit, sa traçabilité, la possibilité de l’ajuster ou de le réparer, ainsi que la fiabilité de l’approvisionnement ?

Préserver un atelier, c’est aussi conserver des compétences qui demandent du temps à acquérir. La souveraineté sanitaire concerne également ces fabrications spécialisées, moins visibles, dont dépend le quotidien de nombreux patients.

Des matières premières aux conditions de travail

L’approvisionnement constitue un autre enjeu important. L’entreprise indique réaliser 90 % de ses approvisionnements en Europe, tout en soulignant les difficultés d’accès à certains cuirs français, très sollicités par les grandes marques. La disponibilité des matières et leur traçabilité font donc pleinement partie des conditions de son développement.

La valorisation des matières ouvre également de nouvelles perspectives. Avec l’activité Les Patineurs, des chutes de cuir et des matières issues d’équipements existants sont transformées en nouveaux objets, notamment en lien avec Airbus et le fabricant de camping-cars Pilote.

Enfin, nous avons abordé l’adaptation aux fortes chaleurs. Des aménagements ont déjà été réalisés et les horaires adaptés lors des épisodes de canicule. D’autres solutions sont envisagées, comme le blanchiment de la toiture et la plantation d’arbres autour du site.

Je remercie les équipes de Bourgeois & Cie pour leur accueil et la qualité de nos échanges. Ces rencontres nourrissent mon travail de députée : elles permettent de comprendre ce qui favorise le développement d’une entreprise, ce qui le freine et ce que les décisions publiques doivent mieux prendre en compte.

Suivant
Suivant

Au Loroux-Bottereau, Le Labo fait vivre le lien social et le réemploi