Table ronde CCI à Angers : Internationalisation, transformation et souveraineté économique

Sophie Errante participate à une table ronde à la CCI d'Angers.

En février 2026, je participais à une table ronde organisée par la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) d’Angers. Les échanges ont porté sur trois défis majeurs pour nos entreprises : l’internationalisation des PME, l’accompagnement à la transformation numérique et la transition écologique.

Les chefs d’entreprise présents ont exprimé des préoccupations concrètes : difficultés d’accès au crédit, besoin de visibilité sur les marchés porteurs, nécessité de renforcer la formation continue pour accompagner les mutations technologiques et réglementaires. Je leur ai présenté les dispositifs nationaux – Prêts participatifs Relance, France Num – ainsi que les outils régionaux mobilisables. J’ai également rappelé le rôle central de la CCI : mise en réseau, accompagnement à l’export, appui aux formalités, conseil stratégique.

Cette rencontre s’inscrivait aussi dans un contexte plus large : celui du renforcement de notre souveraineté économique et industrielle, en particulier dans les secteurs stratégiques. Lors de l’Assemblée générale de la CCIR Pays de la Loire du 5 février 2026, consacrée à la dynamique de la filière défense dans le Grand Ouest , plusieurs éléments marquants ont été présentés.

La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d’euros d’investissements, avec un budget de la défense porté à 67 milliards d’euros en 2027 (2,5 % du PIB) et 100 milliards d’euros en 2030 (3 % du PIB). En Pays de la Loire, la filière défense représente déjà plus de 10 500 emplois et près de 200 PME et ETI sous-traitantes. À l’échelle bretonne, ce sont 409 entreprises et 28 000 emplois, dont 93 % ont une activité duale civile et militaire .

Ces chiffres traduisent une réalité : les marchés stratégiques sont créateurs de valeur, pérennes, innovants et fortement exportateurs. Mais ils restent exigeants : contraintes réglementaires élevées, normes spécifiques, exigences de confidentialité, relations parfois tendues entre donneurs d’ordre et sous-traitants. L’accès au financement demeure également un point de vigilance, certaines banques restant prudentes vis-à-vis du secteur.

Les travaux présentés ont également mis en lumière le rôle clé des réseaux structurants comme le cluster EDEN, qui fédère des entreprises majoritairement tournées vers l’export, agit comme passerelle entre acteurs publics et privés, soutient le business et accompagne à l’international . La CCI, de son côté, développe un accompagnement renforcé : positionnement des PME sur les marchés, coopérations inter-entreprises, soutien à la présence sur les salons spécialisés, accès aux financements et articulation entre offre de formation et besoins en compétences.

Enfin, la question de la sécurité économique a été abordée : protection des actifs stratégiques, prévention des prédations technologiques, vigilance face aux opérations capitalistiques sensibles. Le rôle du Service de l’information stratégique et de la sécurité économiques (SISSE) a été détaillé, notamment face à l’augmentation des alertes de sécurité économique ces dernières années .

Ces échanges me confortent dans une conviction forte : écouter directement les entrepreneurs est indispensable pour élaborer des propositions législatives adaptées. L’internationalisation, la transformation numérique, la transition écologique et la souveraineté industrielle ne sont pas des concepts abstraits ; ce sont des réalités vécues sur le terrain.

Le rôle d’un parlementaire est d’assurer la cohérence entre l’ambition nationale et les conditions concrètes de réussite des entreprises. Ces rencontres sont essentielles pour construire des politiques publiques ancrées dans le réel, au service de la compétitivité, de l’emploi et de notre indépendance stratégique.

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